Les effets du microbiote intestinal sur la santé

  • SumoMe

Comment le microbiote intestinal influence votre santé ?

Chaque fois que vous prenez un repas, vous mangez non seulement pour vous-même, mais pour les milliers de milliards de bactéries qui tapissent votre gros intestin. Cette colonie de microbes, qui se compose de centaines d’espèces est une centrale de digestion, brisant les aliments en éléments nutritifs utiles pour nous et pour les microbes. Ce n’est que récemment que les nouvelles techniques de la génomique ont ouvert les portes à des études détaillées de notre microbiote intestinal, mais comprendre comment il varie entre différentes personnes est extrêmement important. Les scientifiques pensent que comprendre le fonctionnement des habitants de nos intestins pourrait aider à expliquer pourquoi certaines personnes développent des troubles métaboliques et d’autres non et pourquoi certaines personnes prennent du poids alors que d’autres restent minces.

La relation entre le microbiote intestinal et l’obésité

microbiote intestinal
Copyright@par The Puzzler

Les bactéries dans notre intestin jouent déjà un rôle important dans la digestion. Mais de nouvelles études indiquent que nos bactéries pourraient jouer un rôle majeur dans « si oui ou non nous devenons obèses ».
Mais l’évaluation de cause et effet, quand il s’agit de microbiote est difficile. Quand une personne ou une souris avec un ensemble particulier de bactéries est obèse, est ce que c’est l’obésité qui  influence  la flore intestinale ou le contraire,  c’est-à-dire, est ce que la flore intestinale est un facteur qui influence l’obésité? Peut-on modifier la composition de nos bactéries intestinales en changeant la façon dont nous mangeons? Bien que les chercheurs ont répondus à certaines questions en utilisant des modèles de souris et ont mis au point un certain exemple fascinant de réponses. Vous pouvez rendre une souris obèses en lui donnant des microbes intestinaux provenant d’une souris obèses, ce qui suggère que, au moins chez la souris c’est possible, chez l’homme des études sont nécessaires pour obtenir des réponses qui pourraient être applicables à la vie réelle, pour pouvoir confirmer si la flore intestinale à un effet sur l’obésité.
Une étude, menée par le consortium MetaHIT paneuropéen, a examiné les gènes bactériens présents dans les selles de près de 300 volontaires danois, à la fois minces et obèses, ainsi que des marqueurs de la santé métabolique. Cette équipe a constaté que la présence d’une faible diversité génétique dans le microbiote est liée à un taux élevé d’inflammation, a une plus grande résistance à l’insuline et d’autres signes avant-coureurs de maladies métaboliques. Les participants obèses qui ont une faible diversité ont également gagné plus de poids au cours de 9 ans, selon l’équipe de recherche.
Une autre étude, de l’ANR MicroObes consortium, des chercheurs Français, ont mis 49 volontaires en surpoids ou obèses, sur un régime alimentaire faible en calories. Étonnamment, les participants qui avaient une faible diversité génétique dans leurs microbiotes au début ont connus une  augmentation de la diversité et de leurs marqueurs métaboliques. Les personnes qui avaient déjà une grande diversité n’ont pas eu beaucoup d’amélioration, ce qui mène à conclure que peut-être un microbiote à faible diversité, est lié à une mauvaise santé.
Ayant une faible diversité ne signifie pas nécessairement que quelqu’un est obèse ou en surpoids. Sur les 292 Danois dans la première étude, 169, ou 57%, étaient obèses, mais seulement 23% de l’ensemble du groupe a eu une faible diversité génétique. Il y avait des personnes obèses dans les deux études qui ont eu une grande diversité génétique. Au contraire, une faible diversité peut être un facteur de risque pour développer un trouble métabolique, mais pas toujours, a dit Dusko Ehrlich de l’Institut national français de la recherche agronomique.
L’expression «nous sommes ce que nous mangeons» est plus importante que jamais à la lumière de plusieurs autres études qui établissent un lien entre l’alimentation et la flore intestinale. Les  nutritionnistes et les gastro-entérologues du monde entier s’accordent à dire que la composition et les fonctions de la communauté bactérienne de l’intestin peut être modifiée par la nourriture que nous mangeons, par exemple il a été démontré que les aliments riches en fibres comme les fruits et les légumes, peuvent accroître la diversité bactérienne, alors que manger trop de viande rouge ou aliments transformés pourrait modifier la composition du microbiote et la création d’un environnement favorable pour le développement de la maladie cardiaque.

Le microbiote et l’alimentation

Gary D. Wu, MD, professeur de médecine à la Division de gastroentérologie à l’Université de Pennsylvanie Perelman School of Medicine, Philadelphie a déclaré : « Nous commençons maintenant à considérer que ce que nous mangeons ne modifie pas seulement la composition de notre flore intestinale de plusieurs façons, mais que les aliments peuvent aussi agir comme un substrat pour ces micro-organismes pour produire de petites molécules qui peuvent avoir une incidence sur l’hôte»
Dr Wu a souligné les résultats publiés précédemment qui démontrent que l’alimentation influe sur le microbiome à partir de la naissance. Ces constatations ont révélé que les bébés nourris au sein ont des populations plus élevées de bifidobactéries, Lactobacillus et Staphylococcus , alors que les nourrissons nourris au biberon ont de plus petites populations de bifidobactéries et Lactobacillus et de plus grandes populations de Clostridium, Bacteroides , entérobactéries et Enterococcus. Ces différences microbiennes ont des implications sur la croissance, la composition corporelle, le métabolisme et la physiologie  et peuvent influer sur les réponses comportementales d’un individu à la nourriture et l’alimentation, a souligné le Dr Wu.

Le microbiote et le développement du cancer colorectal

Le cancer du côlon, aussi appelé cancer colorectal, résulte d’une série de modifications génétiques (mutations) qui affectent des cellules saines pour devenir progressivement cancéreuse, ces modifications formeront des tumeurs précoces appelées polypes qui peuvent éventuellement devenir malignes. Bien que des mutations peuvent se produire n’importe où dans l’intestin humain, certains types de cancer colorectal ont tendance à se développer dans des endroits particuliers, ce qui mène à suggèrer que des facteurs non génétiques supplémentaires, contribuent à la croissance de la tumeur et dictent où apparaissent les polypes.
Dr Sergio Lira et son équipe de l’École de médecine Icahn au Mont Sinaï, à New York, s’est demandé si les microbes de l’intestin ont une part dans le développement de la tumeur. Les chercheurs avaient remarqué précédemment que des souris portant des mutations qui causent des polypes qui se développent uniquement dans une section limitée de l’intestin, en dépit des mutations étant présent dans toutes les cellules le long de l’intestin. Dans la nouvelle étude, ils ont traité des souris avec des antibiotiques pour perturber les populations de microbes vivant dans leur intestin. Ce traitement a empêché la formation de polypes, les chercheurs ont conclus que les bactéries sont essentielles au développement de la tumeur au début de ce modèle. Les auteurs suggèrent que les bactéries passent de l’intestin au tissu de la paroi intestinale, ce qui déclenche l’inflammation qui favorise la croissance de la tumeur.
De plus amples recherches sont nécessaires pour confirmer l’identité des bactéries favorisant le cancer, les résultats suggèrent qu’il pourrait être possible de réduire le risque de cancer colorectal chez les personnes génétiquement prédisposées, par l’élimination de certains types de bactéries de l’intestin.
Le travail peut aussi aider à expliquer certains des facteurs non génétiques qui ont été impliqués dans le cancer colorectal. « En plus des changements génétiques, divers facteurs liés au mode de vie, tels que l’obésité et l’alimentation, ont été liés au cancer colorectal. Certains de ces facteurs le style de vie semblent affecter les types de bactéries présentes dans l’intestin», explique le Dr Lira. « En fin de compte, la compréhension de l’interaction entre les mutations génétiques, les microbes de l’intestin, et l’inflammation peut conduire à de nouveaux diagnostics et thérapies pour le cancer intestinal. »
Selon un article publié dans The Institute of Science in Society (ISIS)  le Dr Eva Sirinathsinghji a dit : «notre flore intestinale influence la prédisposition au cancer de notre tube digestif ainsi que d’autres organes, y compris la peau, les poumons, les seins et le foie ».
Le cancer est une maladie de premier plan dans les pays industrialisés et l’incidence est en forte augmentation dans les pays en développement en raison de vieillissement démographique, les régimes alimentaires « occidentalisées », l’exposition à des agents cancérigènes chimiques et de l’inactivité. Bien qu’il existe des causes génétiques de certains cancers qui donnent un risque important pour les individus transporteur comme en cas de cancer du sein, la plupart des cancers sont liés à des facteurs environnementaux. Mais, nous savons encore peu de choses sur les facteurs environnementaux impliqués. Des recherches récentes sur le microbiote intestinal révèlent un rôle important et complexe pour cet «organe oublié», non seulement dans la prévention ou la promotion de la cancérogenèse, mais aussi dans sa modification de l’efficacité des différents traitements contre le cancer.

Le microbiote intestinal module les traitements du cancer

Comme le microbiote intestinal influence la susceptibilité au cancer à travers divers mécanismes , il est logique qu’ils modulent également les thérapies du cancer. Cela semble être le cas pour les différentes thérapies qui utilisent les deux mécanismes d’action dépendantes de l’inflammation et / ou indépendantes. Une récente étude démontre que les souris pré-traitées avec un cocktail d’antibiotiques trois semaines avant l’inoculation de la tumeur ont répondu mal à l’immunothérapie des tumeurs et la même chose a été observée chez des souris sans germes.
Pour conclure, ce domaine en développement rapide de la recherche apporte une compréhension cruciale des causes environnementales du cancer, ouvrant la porte à de nouvelles stratégies de prévention ainsi que le traitement. Toutes ces recherches exposent l’importance d’un régime alimentaire sain, non seulement dans la prévention de la maladie, mais aussi pour son éradication.

Articles sur la santé de l’intestin

Les maladies causées par une inflammation intestinale
Les
aliments qui vous aident à réduire l’inflammation
Les plantes qui aident à réduire l’inflammation dans l’intestin

Sources – consultés le 13-14/06/2014

http://science.time.com/2013/08/29/you-are-your-bacteria-how-the-gut-microbiome-influences-health/
http://www.gutmicrobiotawatch.org/gut-microbiota-in-health-and-disease-a-review-of-2013/
http://www.gastroendonews.com/ViewArticle.aspx?d=In+the+News&d_id=187&i=October+2013&i_id=1003&a_id=24232
http://www.eurekalert.org/pub_releases/2014-03/rup-gms022514.php
http://www.i-sis.org.uk/about.php

Articles qui pourraient vous intéresser

2 commentaires dans “Les effets du microbiote intestinal sur la santé

  1. Bonjour,

    J’ai une amie qui a des polypes au niveau des sinus.
    Elle ne veut pas se faire opérer car cela récidiverait.
    Existe t-il des plantes pour les résorber ?
    Merci d’avance.

    1. Des remèdes naturels peuvent être utiles contre les polypes:
      -Curcuma: antioxydant et anti-inflammatoire.
      -L’ail: a des propriétés antibactériennes, anti-inflammatoires et antioxydantes.
      -L’huile d’arbre à thé: un antibactérien, antifongique, anti-inflammatoire et antiseptique.
      -La vitamine C: pour stimuler le système immunitaire.
      -Le pissenlit: riche en vitamine C et d’autres nutriments qui réduisent la muqueuse.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *